Dimanche 8 novembre 2009
Je suis sorti sur le perron car je sentais l'orage approcher.
Dehors, les herbes jaunes de la fin de l'été dansaient follement, en tous sens, comme des poussins pris de folie.
Le vent est très rasant, et très fort. Il souffle à longues et puissantes rafales, balayant la poussière ocre et la jetant en l'air par petits nuages.
Je sais que si je m'accroupissais, je me retrouverais avec plein de sable dans les narines et dans la bouche, que je moucherais et mâchonnerais pendant des heures.
Il y a quelques années ça m'aurait fait rire, ça m'aurait plu, pour le plaisir d'expérimenter quelque chose d'inédit, de rare.
Mais cet orage m'inquiète, et plus grand chose de nouveau ne m'amuse ces temps-ci.

Il n'y a plus grand chose de nouveau à expérimenter, quoi qu'il en soit.

La porte grince derrière moi et j'entends sans me retourner Odette me dire :
- "Ne reste pas dehors voyons, tu vas prendre la pluie."
Je ne réponds pas, je ne me retourne pas, ça ne sert à rien.
Je sais ce que la météo a prévu pour aujourd'hui, et ça n'a rien à voir avec un orage. Rien. Je les connais depuis 12 ans les gars de la météo sur KSPN, et ils se trompent rarement.
Je sens qu'Odette reste sur le perron derrière moi, sans rien dire. Elle n'attend probablement pas que je lui réponde, je le sais. Je la connais.
Je pense qu'elle regarde dehors, comme moi. Elle regarde nos terres et elle s'inquiète du temps qui vient.
Ca fait longtemps que je ne m'inquiète plus, je sais à quoi m'en tenir.
Tout fonctionne toujours à l'identique, maintenant. Certaines années sont bonnes, d'autres on se sert la ceinture, mais bon an mal an, on s'y retrouve.

Et nous ne sommes pas plus malheureux comme ça.
Je sais que c'est pareil pour tout le monde. Je sais aussi - surtout - que je ne devrais pas penser comme ça, c'est ridicule.
Mais je ne peux pas m'en empêcher. Je fais trop de rêves ces derniers temps.
Je rêve toujours des mêmes choses : la fin. La fin des choses, les fins de tout.
Ca ne me mine pas, non, au contraire. Ca m'apaise.
Mais je ne peux pas vraiment en parler. Odette a encore la capacité de s'émerveiller de toutes ces minuscules choses. Je sais que c'est plus précieux que n'importe quoi. Je ne lui offrirais pas mes certitudes sur ce qui arrive pour rien au monde.

Sur la ligne d'horizon, alors que le soleil commence à décliner, je vois un trait sombre s'épaissir. Je pense que ce sont des nuages, très noirs.
Ce qui m'inquiète un peu c'est que je les vois sur toute la ligne d'horizon.
Et que ce trait ne cesse de s'épaissir.

Je l'imagine débouler sur nous à une vitesse incroyable, plus vite qu'une frappe de crotale. Trop vite pour mes yeux, même en restant à fixer le ciel sans bouger. J'imagine voir ce trait enfler, devenir un maelstrom furieux et titanesque, une masse hurlante de nuages énormes, gonflés à l'infini d'une force incommensurable.
J'imagine les torrents de boue charriés par le ciel, retombant sur la terre en écrasant toutes choses.
Ou bien des nuées compactes, saturées d'éclairs bouillants, spectacle aveuglant celui qui le regarde, brûlant si fort qu'ils vaporisent le ciel lui-même.

J'entends Odette rentrer à l'intérieur, elle me dit qu'elle ne veut pas se faire tremper, et qu'il lui reste des comptes à faire.
Elle ne me reproche rien, et je lui en sais gré. Cette attente ne concerne que moi, c'est juste une question de temps.

Je reste debout sans bouger, les yeux rivés sur le ciel, et lorsque je ne sais plus faire la différence entre la lumière du soir et les nuages au-dessus de ma tête, la pluie se met à tomber.
C'est une pluie fine et chaude, qui tombe légèrement en biais.
Je me dis que ce ne sera pas pour cette fois et je rentre boire une bière bien fraîche.
Je me dis que j'aime quand même bien cette pluie.
Par Damo - Publié dans : Bouquiner
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Mardi 20 octobre 2009


Comme je sentais bien que la semaine était mal partie,

Lundi j’ai été visiter le 113ème régiments des Dragons

A minuit des 78 foudres de rhum il n’en restait qu’un fond

Je suis parti à pied, glissant sous la lune et sous la pluie

 

Mardi je faisais déjà pâle figure mais restais vaillant

J’ai reçu une invitation de l’ambassade d’Arcadie

On y servait une absinthe fameuse, et du raki

Il paraît qu’on m’a retrouvé sous un tapis persan

 

Mercredi matin je chantais, toujours sous influence

On me regardait bizarrement au mariage du Shah d’Iran

Ca ne les a pas empêchés de me suivre aux trous normands

J’ai dû partir un peu vite, je dégradais l’image de la France

 

Jeudi j’avais décidé de rester couché par sûreté

Mais j’avais oublié que c’était mon anniversaire – ou ma fête

Délicat envers moi-même, je me suis invité en goguette

C’était une bamboche terrible, je ne l’ai pas regretté

 

Quand vendredi vint j’étais presque mort

Il fallut donc que je me ressaisisse pour ne pas tomber

Je me suis introduit dans un rallye de retraités

J’ai bien failli perdre au rami buveur mais j’ai été le plus fort

 

Samedi, mes amis, ce fut dantesque, vous n’imaginez pas

Je ne sais plus si j’ai choisi de ne pas m’en rappeler

Ou si mon corps va bientôt me le faire payer

Mais le dimanche matin je brinquebalais à tout-va

 

Alors je me suis couché.

Par Damo - Publié dans : Bouquiner
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Dimanche 11 octobre 2009


Frank Drake, astronome américain et initiateur de SETI, énonça en 1961 l'équation ci-dessus,
la bien-nommée "équation de Drake", qui est supposée estimer les possibilités d'existence
de civilisations extraterrestres dans notre galaxie (et in extenso dans n'importe laquelle)
avec lesquelles nous pourrions communiquer.

N correspond au nombre de civilisations extraterrestres,

R* au nombre d'étoiles en formation par an dans la galaxie

Fp au nombre d'étoiles possédant des planètes

Ne est le nombre moyen de planètes par étoile pouvant potentiellement receler de la vie

Fl est la fraction de ces planètes sur lesquelles apparaît effectivement la vie

Fi est la fraction de ces planètes sur lesquelles apparaît une vie intelligente

Fc est la fraction de ces planètes capables de communiquer

L est la durée de vie moyenne d'une civilisation

Le but du problème n'étant pas d'utiliser l'équation pour calculer la chance que nous ayons
de communiquer avec Alf, mais d'identifier et de trouver les composantes de l'équation.
En effet, on le voit en la détaillant, même si à mon sens l'équation est viable pour d'autres galaxies,
les composantes sont néanmoins extrêmement humanocentrées.
A tel point d'ailleurs, que les scientifiques se tirent la bourre depuis l'énoncé de l'équation pour savoir
quelles valeurs donner aux composantes de l'équation - par exemple, L a, depuis, pris plutôt la valeur
de durée de vie d'une civilisation par rapport à sa capacité d'autodestruction. Ce qui en dit long sur le
positivisme scientifique, ce qui étonnant car cette équation est tout sauf négativiste : de par son essence
elle s'oppose au paradoxe de Fermi qui lui, tend plutôt (de façon moins mathématique) à être sceptique
sur les possibilités d'existence de civilisations extraterrestres et notre propre capacité à les découvrir ou
les rencontrer.

Tout cela m'a fait penser à une citation de Lydia Millet :
Nous sommes simultanément à un pinacle de savoir et de pouvoir humains et à l'avant-poste d'une
armée d'assassins : nous tuons nos cultures les moins fortes, nos langues les moins parlées,
nos peuples les moins peuplés. Les animaux et les plantes disparaissent à une vitesse mille fois
supérieure au taux d'extinction normal. Nous tuons les bêtes dans les airs, sur la terre, dans la mer.
Nous tuons les plantes, les arbres, nous tuons l'air lui-même. [...]
Et nous regardons désormais en l'air pour notre folie meurtrière, nous tendons les bras vers
les étoiles. Nous défaisons tout le travail de la Création aussi vite que nous pouvons.
Bien sûr, puisque nous ne pouvons pas vivre dans le néant, nous seront bien obligés
de finir cette série de victoires triomphantes sur le reste du monde en nous anéantissant
nous-mêmes.


Mais c'est sur sa conclusion que je ne suis pas d'accord avec elle, et que cela rejoint l'idée
très positive qui a dû présider à l'invention de l'équation de Drake. Effectivement, il semblerait
que notre civilisation fasse un maximum d'efforts inconscients pour défaire la tapisserie de la Création.
Seulement, pourquoi serions-nous obligés d'arriver à un point de non-retour qui nous
précipiterait dans un inéluctable néant, sans que nous puissions être capables de nous battre ?
Car comme on peut défaire un tricot, on peut récupérér la laine en pelote pour faire un nouveau pull.
J'aime à croire que notre civilisation pourrait bien être capable de nous précipiter à grande vitesse
vers l'inconnu, plus que vers le néant, et que nos sciences seront capables de renverser la vapeur,
et nous permettre de survivre, d'aller plus loin, et pas uniquement dans la fuite.


Par Damo - Publié dans : Général
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Vendredi 2 octobre 2009

Un petit peu de soleil

C’est tout ce que je demande

De plus longs sommeils

Des chats aux yeux amandes

 

Une légère désinvolture

Quelques mots précieux

Du vent dans nos voilures

Ce serait une vie bien mieux

 

Je ne veux pas de destinations de rêve

Aux écrins plastiques

Je ne veux pas que le jour se lève

Sur des matins idylliques

 

Ce serait trop facile

Et ça serait trop demander

Je veux des ans vils

Je veux des heures gâchées.

Par Damo - Publié dans : Bouquiner
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Dimanche 27 septembre 2009
Ca vaut certainement pas une note mais je suis trop content de les avoir reçus tellement ils sont mignons !

Par Damo - Publié dans : Général
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Samedi 26 septembre 2009
Par Damo - Publié dans : Esgourder
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Mardi 25 août 2009


Synesthesia from joseyyo on Vimeo.

 

 

Par Damo - Publié dans : Mater
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Lundi 24 août 2009
Par Damo - Publié dans : Esgourder
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Mardi 11 août 2009
Remember that ?

Check this out, bitch !




Tout ça pour ça, quand même :


Et bien entendu, comme les classeurs de monnaie c'est pas fait pour ça,
c'est déjà plein à craquer et le classeur se ferme pas tellement il est blindé de 145 de ces coquinous.
Y'en a 22 qui ont pas pu rentrer, tu penses, ç'aurait été trop facile.





Par Damo - Publié dans : Général
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Dimanche 9 août 2009
Il est des choses qu'un homme dans sa vie doit essayer pour ne pas mourir idiot.
Des choses qui feraient de lui la risée du Lions Club, mais baste !
Il faut vivre pour manger, et non pas manger pour vivre, comme disait Pierre Mendès-France.

C'est pourquoi j'ai décidé aujourd'hui de tester une recette extrême.
Enfin, une recette... Restons calmes, y'a surtout du sucre et du gras.
Donc, pour commencer, prenez une bonne vieille tartine de beurre de cacahuète des familles.




Rien de bien compliqué, jusqu'ici, hein.
Ensuite, tartinons joyeusement de la pâte à tartiner au marshmallow sur du pain.




Déjà vous commencez à avoir des contractures musculaires, je le sais.
Oui, la perspective de manger tout ça EN MEME TEMPS donne des sueurs froides à un Spetsnaz.
Mais soyez forts, et ne perdez pas de vue votre but : bouffer n'importe quoi mais être le premier à le faire.

Ensuite, bon, eh bien on s'en doute, on colle tout ça ensemble, et pour pas qu'il y ait d'incident
de parcours, je vous ai mis une image pour illustrer la phase collage :




La moitié de faite, pfiou. Alors là où ça se complique, c'est que bien sûr, ça vaudrait pas le coup de
faire un article si y'avait QUE CA à manger. Là on y balance de la confiote, mais ATTENTION !
Sur la face opposée au Fluff, bien entendu.




Là je préconise d'utiliser de la gelée, pour éviter les morceaux et tout ça, c'est quand même un
sandouiche de tartines MOU, donc, respecte la mollesse, bordel.

Puis, alors que la puissance de tout ce sucre qui émane de votre préparation commence à vous
faire squamer les paupières et fondre les ongles, on met la dernière couche, l'ultime attaque à plus de 9000.

La pâte à tartiner au Speculoos ! Youhouuuuu




Et là bon, paf, on ferme, en évitant de mettre les côtés tartinés à l'extérieur, sinon comment tu veux
saisir tout ça sans te saloper, hein ? Imbécile.




Là, vient la partie la plus complexe, je vous l'avoue : il va falloir manger tout ça (oui, avec vos dents, votre
bouche et tout le merdier qu'il y a derrière).
Ou alors vous le faites manger à votre petite soeur ou votre chien mais je vois pas bien l'intérêt,
avec tout l'amour que vous avez mis dans la confection de ce mets magique.
Démonstration !




Vous remarquerez que le sandouiche n'est guère impressionnant en terme de taille.
C'est dû comme je le disais à l'importance non négligeable de son fort coefficient de mollesse.



En bouche, de fait, la duveté est incontestable. Du fait de la présence de sucre on note également
une forte collance, et le beurre de cacahuète apporte une astringence. Les sensations sont donc
loin d'être désagréables, et ça se mange pour ainsi dire tout seule. Côté goût, ça devient plus difficile :
même si on sent bien tous les ingrédients, mis à part le Fluff - mais c'est là une de ses particularités,
seul déjà son goût n'est pas très puissant - la pâte à tartiner au Speculoos domine bien les saveurs.
C'est là qu'on se rend compte de la puissance de son goût, et c'est un peu dommage.
La gelée que j'ai personnellement utilisée ne se sentait pas beaucoup, je conseillerais donc l'usage
d'une gelée dense avec un fort goût - voire de confiture de sorbier, mais là ce ne sont que mes goûts personnels.

En définitive, on peut dire que l'intérêt de l'expérience n'est pas concluant en terme de saveurs,
on a trop mis de trucs (je t'avais prévenu aussi, mais tu n'en fais qu'à ta tête).
Par contre je pense que si on triple le sandouiche et qu'on le laisse un peu durcir
ça peut faire du biscuit de soldat vachement efficace (ou tuer des vieilles personnes).


Par Damo - Publié dans : Couquingue
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